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Au Pays du Trot , Pronos sur toutes les courses au trot .

UNIVERS de PAN, CYRIL et Elodie vous souhaitent la bienvenue . Bonne Chance. Une pensée a notre ami Gégé

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    ERIC RAFFIN EN COMPAGNIE DE QUELQUES LECTEURS DE PARIS-TURF

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    hippique

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    ERIC RAFFIN EN COMPAGNIE DE QUELQUES LECTEURS DE PARIS-TURF

    Message  hippique le Ven 28 Fév - 8:18

    Trois heures avant le début des opérations, jeudi matin, Éric Raffin a échangé pendant une heure avec nos lecteurs au 4e étage de l'hippodrome de Paris-Vincennes. Passionnant et instructif. Retrouvez ici l'intégralité des questions-réponses...
    Votre choix de carrière a-t-il été un choix naturel compte tenu l'appartenance de votre famille au monde du trot ?
    Éric Raffin. "Cela a été une évidence tout de suite, jamais je n'ai pensé faire autre chose et tout s'est enchaîné très facilement. J'ai la chance d'avoir le physique et d'avoir pu monté à cheval jeune. Au début j'ai joué au foot comme tous les gamins, mais ce n'était pas ça... Quand vous êtes petit, vous allez aux courses tous les week-ends et voyez les chevaux tous les jours dans la cour, vous ne pensez pas à faire autre chose. C'est vrai que les courses, c'est une bulle, on ne pense qu'à ça. On ne s'ouvre pas assez l'esprit à mon gôut. On ne vit que cheval et c'est un peu le défaut de notre métier. Mais si vous ne le faites pas à 200 %, vous n'êtes pas bon. Si vous n'avez pas de famille dans le milieu, ce n'est pas évident. Le jeune qui arrive dans le métier à 15 ans et qui n'y connaît rien aux courses, il nous rend d'entrée de jeu 50 mètres."
    Quelle formation avez-vous suivi ?
    "J'ai mon BEP que j'ai effectué à Grosbois. Je n'ai pas été jusqu'au Bac Pro, car à 17-18 ans j'étais professionnel. J'ai préféré me mettre tout de suite à fond dans mon métier de jockey."
    Comment réussissez-vous à marier vie professionnelle et vie de famille ?
    "C'est pour ça que je ne me suis pas mis entraîneur. Je vais aux courses tous les jours et j'ai choisi de n'être "que" jockey à l'heure actuelle pour pouvoir profiter de la famille. Ça marche bien, je croise les doigts pour que cela continue comme ainsi. Le matin même si je me lève en plein meeting d'hiver pour travailler des chevaux, heureusement que je n'ai pas d'impératifs. Vendredi, je vais à Pontchâteau, je pars à 7h30, je vais être rentrer à 21h. Samedi ,Vincennes, dimanche je pars à Chartres à 9 heures. Lundi départ pour Caen à 9 h (130.000 kilomètres par an). J'ai fait mon choix, sinon il n'y a pas de vie de famille."
    Vous disputez énormément de courses, avant de les monter et les driver, vous renseignez-vous sur leurs performances 
    des chevaux ?
    "Le côté passionnant pour un jockey, c'est la découverte. Je les découvre quasiment tous sauf les jeunes trotteurs montés. J'adore ce moment du heat d'échauffement avec un cheval que je ne connais pas encore. Quand vous êtes bien avec un entraîneur, il ne vous donne pas d'ordre précis. De toute façon, les courses ne se passent pas souvent comme on pense. Il faut un échange avec l'entraîneur et une certaine confiance s'instaure. Il faut prendre des initiatives et j'ai souvent remarqué que quand on écoute les ordres on gagne pas de courses ; il faut le faire au feeling. 9 fois sur 10 les courses ne se déroulent pas comme prévu."
    Parfois il y a une grosse ambiance et en semaine c'est désert, qu'en pensez-vous ?
    "C'est triste. Aujourd'hui (jeudi) on a une très belle réunion et cela va être désert. Pour nous professionnels, le public nous booste, maintenant il faut être motivé même quand il n'y a personne."
    Pensez-vous devenir entraîneur plus tard ?
    "À l'heure qu'il est je n'y pense pas, dans dix ans peut-être. Je verrai notamment quelle profession embrasseront mes enfants. S'ils veulent suivre cette voie, je serai obligé, sinon pas d'obligation. C'est une profession de plus en plus compliquée. 20 % des entraîneurs sont bien, 80 % pas extra, donc ça ne vous incite pas trop à vous installer."
    Quels sont vos plus beaux et vos pires souvenirs ?
    "Ma premère victoire, mon premier groupe I pour la famille avec Hugo du Bossis, le Cornulier de Joyau d'Amour, j'ai aussi vécu un meeting d'hiver de rêve. Tous les lundis matins, vous vous voyez en première page du Turf, on vit pour ces moments-là. Je sais que cela ne va pas durer donc il  faut savourer". Plus Mauvais souvenir ? "L'année dernière avec le meeting d'hiver de Roxane Griff. J'ai vécu des mauvais moments, parce qu'après avoir gagné la première "B", la jument s'est vraiment effondrée. Si j'avais été propriétaire je l'aurais peut-être mise poulinière l'année dernière. Après quand on voit ce qu'elle a fait cet hiver..."
    Les turfistes attendent des résultats de certains chevaux. Lorsqu'ils déçoivent, quel sentiment éprouvez-vous ?
    "On est là grâce aux parieurs. Vis-à-vis du public, lorsque vous faites des canters et que vous avez un cheval boiteux, il faut respecter le parieur et le déclarer non partant. À l'étranger, on vous demande de faire l'échauffement devant les Commissaires. S'il y a un doute, votre cheval est déclaré d'office non partant. Nous respecterions encore plus le parieur en développant ce concept."
    Préférez-vous vous produire au trot monté ou attelé ?
    "Driver ou monter des bons (rires). J'aime les deux spécialités. Monter une jument comme Roxane Griff, ça n'a pas de prix. Aujourd'hui avec la monte en avant, c'est plus facile d'avoir des chevaux qui font les deux spécialités ; huit chevaux sur dix vont sous la selle. Il y a des chevaux très mauvais à l'attelage et qui sont bons montés. Regardez Sourire de Voutré, il n'a pas de perfs à l'attelage et quand il n'a pas d'ennuis de santé, je pense que c'est le meilleur cheval monté de Vincennes."
    Faut-il jouer un cheval qui débute sous la selle ?
    "Avec un jeune cheval pas de soucis. Un vieux (7-8 ans) gagne rarement d'entrée, même s'il y a des exceptions comme Save The Quick. Depuis la monte en avant il y a moins de différences je pense."
    Comment s'organisent les entrées en piste par rapport à l'heure de la course ?
    "Ready Cash rentrait à 5 minutes avant le départ, étant un cheval tendu. En moyenne, on rentre 8 minutes avant la course. On fait un kilomètre d'échauffement et on prend un canter. JMB a changé tout ça, il fait ses heats 40 minutes avant le départ de la course et ensuite il rentre à 3 minutes. Avant tout le monde rentrait à 10 minutes. Jean-Michel Bazire c'est le numéro 1, donc tout le monde regarde ce qu'il fait. Il les met sous pression, tandis que Pierre Levesque rentre 10 minutes avant et les met au calme."
    Dans le monde du trot, les drivers paraissent assez soudés, et pourtant, il y a une véritable bagarre dans les pelotons. Comment réussissez-vous à maintenir cette alchimie ?
    "En courses, il n'y a pas d'amitié. On essaye toujours de défendre nos chances à fond, mais parfois, lorsque vous n'en n'avez pas, il vous arrive de faire une place à un collègue. Exemple, on peut laisser quelqu'un se ranger si un driver est mal embarqué. Quand vous avez deux chances identiques, vous avez le couteau entre les dents, vous souhaitez que "l'ami" se mette au galop."
    Pouvez-vous revenir sur votre Prix d'Amérique ?
    "Devant les tribunes, j'étais mal, je savais Ready Cash était dans mon dos. Mon jeu ce n'était pas de rouler pour les autres, c'est pour ça que cela n'a pas été un Grand Prix d'Amérique à mon goût.... Si je pète les plombs dans la descente, je suis mauvais neuvième. Il faut savoir garder son sang-froid."
    Quand la presse vous critique que ressentez-vous ?
    "Lorsque les critiques sont bonnes, cela ne me dérange pas. On pourrait me noter comme cela se fait au football, cela ne me dérangerait pas. Vous savez, quand on fait des bêtises, on le sait."
    Au niveau des premiers professionnels qui vous ont fait confiance...
    "En tant que professionnel, c'est Jean-Pierre Viel. Quand j'étais apprenti, je n'avais pas le droit de monter pour l'extérieur. Je mène encore de temps en temps pour lui."
    Quels rapports entretenez-vous avec le monde du galop ?
    "Je n'ai pas de rapports avec le monde du galop, je regarde seulement les grandes courses. Les mentalités sont différentes entre le trot et le plat, un peu moins avec l'obstacle."
    Quelle est votre vision des choses concernant l'avenir des courses en France ?
    "En tant que jockey, plus y a de courses mieux c'est, après on voit bien qu'il y a moins de public aux courses et que les enjeux diminuent un peu. Je suis un peu inquiet pour l'avenir. Là on est au summum, les prix de courses ne vont pas augmenter. On peut remarquer que dans le public, il n'y a presque pas de jeunes. Pour moi, je mettrais entrées gratuites sur tous les hippodromes."
    Que pensez-vous des écuries de groupes, comme celle de l'Ecurie des Parieurs RMC ?
    "Je pense que c'est une bonne initiative."
    Comment arrivez-vous à gérér la pression des courses ?
    "Il faut être bien dans sa tête, reposé. Il faut maîtriser son stress. Les jours de grandes courses, je suis hyper concentré. Quand cela fait 60 courses que vous n'avez pas gagné, vous avez un double stress. Si vous avez gagné la veille, c'est bon. Un jour de Cornulier ou de Prix d'Amérique, c'est mieux de courir avant, car cela évite de cogiter. Pour me maintenir en forme, je cours également plusieurs jours pendant la semaine." 

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