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Au Pays du Trot , Pronos sur toutes les courses au trot .

UNIVERS de PAN, CYRIL et Elodie vous souhaitent la bienvenue . Bonne Chance. Une pensée a notre ami Gégé

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    ALEXANDRE ET MATTHIEU ABRIVARD DU "TAC AU TAC"

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    elodie

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    ALEXANDRE ET MATTHIEU ABRIVARD DU "TAC AU TAC"

    Message  elodie le Ven 20 Jan - 20:40



    Alexandre (à gauche) et Matthieu Abrivard

    • Votre principale qualité ?


    A.A. : Bosseur.
    M.A. : (C'est Alexandre qui répond) : Son tempérament.



    •Le défaut ?

    A.A. : Impulsif.
    M.A. : Douter de moi.



    • Votre acteur (ou actrice) préféré ?


    M.A. : Leonardo Di Caprio.
    A.A. : Celui qui joue dans “Le Transporteur” (Jason Statham).



    • Votre chanteur (ou chanteuse) préféré ?


    M.A. : La voix de Céline Dion et le son de Julien Doré. 
    A.A. : J'ai 250 musiques sur mon Ipad. Je peux écouter de tout, du Soprano comme du Calogero.



    •Votre cheval préféré


    M.A. : Jag de Bellouet.
    A.A. : Bilibili.



    •Si vous n'aviez pas été driver...


    A.A. : J'aurais joué au foot.
    M.A. : Je serais devenu acteur de cinéma.




    ________________________________________________________________________________



    Cousins et pourtant rivaux. Complices mais compétiteurs. Dimanche, Alexandre (23 ans) et Matthieu (31 ans) Abrivard vont disputer un nouveau Prix de Cornulier. Rien d’exceptionnel pour ces deux fines cravaches, à cela près que l’un et l’autre vont monter les deux favoris d’un groupe I pas comme les autres. De Bilibili et Bellissima France, il en sera évidemment question. Mais pas que...

    Lundi 16 janvier. 17 h 45. Deuxième étage de l'hippodrome de Paris. Salon Uranie. Ambiance feutrée. De larges fauteuils en cuir. Une table basse. Des bulles dans une bouteille. Trois coupes. Et une heure de confidences.



    • Messieurs, au moment d'évoquer votre participation à un groupe I que vous avez déjà gagné, on imagine que votre grand-père (Léon) doit être fier de vous, là-haut…

    Matthieu Abrivard : On n'oublie pas d'où l'on vient. Il n'est plus parmi nous, mais notre grand-mère (Yvette) suit de près nos performances. Léon, c'était le patriarche. J'ai passé beaucoup de vacances chez eux. Il roulait bien, mais il envoyait (rires). Et puis il aimait chanter en conduisant. Un bon vivant. Quelqu'un de gentil, simple. Il était marchand de chevaux et a transmis le virus à plusieurs de ses enfants.

    Alexandre Abrivard : La mamie, je peux vous dire qu'elle ne loupe pas une réunion sur Equidia. Elle est attentive à tout ce que fait la famille. Dimanche, elle va faire plusieurs fois le tour de la table, avant et pendant le “Cornulier”, c'est sûr...



    • Plusieurs membres de votre famille réussissent dans cette profession. Le talent serait-il héréditaire ?

    M.A. : S'il avait fallu que l'on soit professeur de mathématiques, je ne suis pas sûr, par exemple, que l'on aurait hérité du talent de qui que ce soit… (rires). Là, on est dans le bon filon pour s'en sortir correctement, et on le doit notamment aux qualités de nos parents. C'est certain. On baigne dans ce milieu depuis tout petit et on était sur le dos d'un cheval avant de savoir faire du vélo.

    A.A. : Évoluer dans une autre branche ne nous aurait pas permis d'être tête de liste comme on l'est dans les chevaux. Il faut être réaliste. Enfin, surtout Matthieu, parce que moi je serais devenu un bon joueur de Ligue 1 (football).



    • Vous parliez de vos parents. Avec un peu de recul, quelles valeurs fondamentales vous ont-ils transmis ?

    A.A. : Travail, respect et maîtrise de soi.

    M.A. : Le travail, c'est la base. Plus jeune, mon père me disait toujours “ouvre grand tes yeux et tes oreilles”. Je l'entendais souvent répéter aussi que “quelque chose de mal acquis ne porte jamais bon profit”.



    • Si la famille est fondamentale dans la construction d'une personnalité, les rencontres (et ceux qui ont participé à votre épanouissement professionnel) comptent également beaucoup. Vous nous parlez un peu de Joël Hallais et Jean-Michel Bazire ?

    M.A. : Joël, il sait très bien manager son équipe. C'est le taulier. Je suis arrivé très jeune chez lui et j'ai vite compris qu'il fallait bien écouter quand il s'exprimait et mettre rapidement en application les conseils qu'il prodiguait. Il ne prenait qu'un apprenti par an et j'avais l'impression, à l'époque, d'être investi d'une mission. Je devais réussir. Alors, je me suis mis au diapason. Monter, je savais ce que c'était. J'allais d'ailleurs lâcher la tête quelquefois chez mon oncle Laurent mais Joël m'a enseigné la finesse de la position. J'ai beaucoup appris.



    • Il vous a corrigé, aussi, vous qui aviez l'habitude de monter en ayant les mains trop hautes…

    M.A. : C'est vrai ; je regardais souvent mon oncle Lolo et il avait parfois tendance, pour finir, à lever les mains un peu en l'air (N.D.L.R. : il mime les gestes). Joël m'a repris en me disant “ne t'envole pas, rabats tes coudes et sois un peu plus esthétique”.



    • De son côté, JMB reconnaît qu'il n'est pas très pédagogue. Vous confirmez, Alexandre ?

    A.A. : Les grands discours, cela n'a jamais été son “truc”. Chez lui, tu apprends en regardant, puisqu'il est inimitable. J'observais tout. Sa façon de faire, sa manière de driver. Contrairement à Matthieu, qui était en apprentissage chez Joël Hallais, je suis arrivé pro chez Jean-Michel. Auparavant, j'avais effectué deux meetings d'hiver chez Christian Bigeon et j'avais eu la chance de faire pas mal de gagnants pour mon père.



    • Vous êtes-vous inspirés d'eux, dans la manière de préparer et d'utiliser un cheval ?

    M.A. : De toute façon, toutes les expériences sont enrichissantes. Joël (Hallais), c'est sa méthode qui est excellente. Après, en tant que jockey, j'ai souvent regardé la manière de monter de Lolo (Abrivard) et de Jean-Loïc (Dersoir), que je côtoyais au quotidien à l'écurie.



    • Sans minimiser l'influence qu'ont eue sur vous votre papa et JMB, vous n'avez jamais caché, Alexandre, avoir suivi de très près le parcours de Matthieu

    A.A. : Évidemment. J'étais encore gamin lorsqu'il a remporté le premier de ses trois “Cornulier”, en 2004, mais je me rappelle que l'on avait été au couscous pour fêter ça, le soir. Il y avait de l'ambiance... Lorsque, enfant, vous avez un cousin qui gagne les plus grandes courses, il vous sert de modèle, c'est sûr.



    • Jusqu'à devenir, aujourd'hui, aussi performant que lui ?

    A.A. : À mon avis, non. Matthieu est installé dans le top niveau. Il est respecté et c'est normal. Moi, je boxe avec les meilleurs depuis quelque temps, mais l'heure est venue de m'affirmer complètement. J'ai 23 ans, c'est maintenant ou jamais.



    • Pour cela, l'aide d'un agent vous semblerait-elle précieuse ?

    A.A. : Je ne suis pas têtu ; j'y réfléchis et, honnêtement, je vais certainement franchir le pas cette saison.



    • Pourquoi ?

    A.A. : Parce que j'ai du mal à trotter les chevaux le matin et répondre au téléphone, surtout lorsqu'il pleut (rires). Et puis, cela peut m'aider à trouver certaines montes.

    M.A. : Alexandre a raison. Vous n'imaginez pas le temps que l'on passe le portable à l'oreille. C'est dingue. Depuis que Franck (Pinchinat) bosse à mes côtés, je suis plus libre pour travailler mes chevaux, le matin. Auparavant, je recevais des appels et je répondais parfois trop tard. Il y a deux ans, je sortais aussi d'une saison en demi-teinte après mon accident et j'avais besoin de remonter la pente. C'était le bon moment.



    • L'expérience est concluante ?

    M.A. : Ces deux dernières années, j'ai obtenu des résultats très corrects en me maintenant à un niveau qui me satisfait. Franck me permet d'avoir plus de temps à accorder aux chevaux de l'écurie. Je me disperse moins.



    • Vous semblez d'accord, tous les deux. Pourquoi ne l'avez-vous pas fait plus tôt, Alexandre ?

    A.A. : Parce que j'ai toujours privilégié mon employeur. Que ce soit mon père, aujourd'hui, ou JMB à l'époque où je travaillais pour lui. Avec eux, je suis quand même gâté et je n'ai pas à me plaindre mais, si vous regardez bien, je suis moins sollicité que les principales têtes d'affiche.



    Matthieu vient rapidement d'évoquer son accident, en mai 2012. À cette époque, Alexandre, vous avez joué un rôle important au sein de son écurie en menant la grande majorité de ses chevaux...

    A.A. : C'était une grosse responsabilité. J'ai failli le remettre debout avec Aldo des Champs à une époque où il était cloué sur son lit d'hôpital, mais on s'est fait tordre “pif” dans le Prix Albert Viel (groupe I). Gagner pour lui, à ce moment-là, ça aurait été ma plus grande fierté.



    • Comment avez-vous vécu cette période ?

    A.A. : Difficilement. C'était écœurant (sic). Je souffrais pour lui. On était triste. Le voir comme ça, c'était insupportable. Il ne pouvait plus marcher... On a essayé de gérer au mieux la crise. Dans l'ensemble, je pense que l'on ne s'en est pas trop mal sorti.



    • La manière avec laquelle il a retrouvé son meilleur niveau vous inspire, on l'imagine, beaucoup de respect…

    A.A. : Mentalement, il a été très fort. Il a su prendre sur lui, relativiser et travailler d'arrache-pied pour retrouver ses capacités. Moi, à sa place, j'aurais vraiment accusé le coup ; ça m'aurait rendu dingue...



    • On a entendu Alexandre s'exprimer sur votre grave blessure, Matthieu. Vous arrive-t-il d'y penser encore ?

    M.A. : Très souvent, oui. Parfois, lorsque je rentre à la maison après une mauvaise journée et que je retrouve ma femme et mes enfants, je me dis que tout va bien. Ce qui m'est arrivé, je ne le souhaite pas à mon pire ennemi. Franchement. Alexandre dit qu'il aurait moins bien réagi que moi, mais personne ne peut prévoir son comportement à ce moment-là.



    • Vous comprenez que certains soient encore réticents à l'idée de vous confier leurs chevaux ?

    A.A. : (Il coupe). Moi, je ne le comprends pas. C'est dingue, quand même. Avant son accident, il a fait tous les podiums pendant près de dix ans et, désormais, il n'est plus qu'un cinquième choix… Pourtant, il suffit de regarder ses résultats pour comprendre qu'il est toujours au top. Les “belles”, il ne les perd pas.

    M.A. :Je suis plutôt satisfait de mon meeting mais, d'un côté, c'est vrai aussi que j'ai plutôt tendance à sélectionner certains chevaux. Je recherche la qualité. L'Étrier d'Or, je l'ai gagné et je sais que c'est de l'histoire ancienne. Bellissima France, voilà ce qui m'aide, par exemple, à garder le rythme. Elle me pousse en avant. Ensuite, on verra si la relève suit. Si ce n'est pas le cas, je raccrocherai mes bottes. Monter pour monter, cela ne sert à rien.



    • Bellissima France, justement, présente des caractéristiques assez similaires à Paola de Lou. Vous confirmez ?

    A.A. : Complètement. Ce sont un peu les mêmes. Des juments très vite, qui ont du potentiel.

    M.A. : Oui, c'est vrai. Avec “Paola”, j'aurais dû gagner un “Cornulier”. On avait fini deuxième mais, après coup, j'avais eu pas mal de regrets. Le premier départ (non validé) était top. Le second beaucoup moins. Nath' (Henry) aurait pu y parvenir également, mais cela s'était mal goupillé dans la ligne droite…



    • À cette époque, Alexandre, vous commencez à monter en course et, rapidement, on prend conscience de vos qualités...

    A.A. : Et de mes défauts, aussi (rires). J'ai pu paraître prétentieux, mais on ne peut pas demander à un gamin de 16 ans de réagir comme un garçon de 23 ans. Il faut un petit temps d'adaptation, quand même. Maintenant, je suis plus mûr.



    • Comme tous les sportifs de haut niveau, elle est indispensable cette maturité, pour réussir ?

    M.A. : Quand tu as à l'âge de profiter un peu et de faire la fête avec tes copains mais que, dans le même temps, tu as des responsabilités et que tu dois conserver une bonne hygiène de vie pour rivaliser dans un milieu de compétition, tu n'as pas d'autres choix que de mûrir. Et vite, en plus. Sinon, tu passes à côté de ta carrière.



    • Passer entraîneur, comme Matthieu, c'est un objectif à court terme pour vous, Alexandre ?

    A.A. :Non. Je me concentre sur ma carrière de jockey. J'attends de gagner quatre ou cinq Étrier d'Or avant de me lancer (rires). Sérieusement, je ne me sens pas prêt. Même si, l'hiver, je gère Grosbois, je vois bien que cela reste compliqué pour l'instant.

    • L'Étrier d'Or, c'est donc un réel objectif ?

    A.A. : Quand tu termines au cours des deux dernières saisons troisième et deuxième, tu convoites forcément la plus haute marche. J'aimerais y arriver un jour. Là, on verra où j'en suis en septembre-octobre, mais je ne me focalise pas là-dessus.


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    On repart pour l'année !!

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